Croyances et idées fausses en astronomie


Hors série des cahiers Clairaut n°13 (nouvelle série)
ISBN 978-2-9557092-3-8
Parution : 4e trimestre 2020
280 pages, 18 €

Oh, que voilà un livre précieux, en ces temps troublés où la vérité est si souvent malmenée ! La dernière production du CLEA (Comité de Liaison Enseignants-Astronomes), Croyances et idées fausses en astronomie, est un livre de 280 pages qui a pour objectif de traiter les questions d’une manière scientifique, et en l’occurrence, tordre le cou à une série d’idées fausses, non pas par un argument d’autorité, mais par des expériences simples ne nécessitant pas de matériel compliqué, et où surtout l’élève est actif et mène lui-même l’expérience. Et des idées fausses en astronomie, on n’en manque pas…

Le premier chapitre est consacré à la reine des questions dans ce domaine : la Terre est-elle plate ? Vous pensez peut-être que cette question est ridicule (et vous avez raison…) et qu’on peut se contenter d’y répondre d’un haussement d’épaule ? Eh bien non, au XXIe siècle, le nombre de personnes pensant qu’elle est plate est plutôt en augmentation, il faut encore argumenter. Et pour cela, on sait bien que la conviction est considérablement renforcée quand la preuve en a été élaborée par la personne elle-même. Le livre propose donc une série d’expériences, certaines élémentaires, pour prouver que décidément, non, la Terre n’est pas plate. Ces activités s’adressent à des élèves encadrés par leur professeur et sont d’un niveau varié (indiqué par des étoiles), du primaire au lycée.

Le même principe est appliqué aux deux chapitres suivants, consacrés à d’autres idées fausses répandues (les phases de la Lune sont dues à l’ombre de la Terre, le Soleil est plus proche de la Terre en été, …), ainsi qu’à nombre de croyances bien ancrées (surcroît de naissances à la pleine Lune, le calendrier du jardinier, l’astrologie, …). Évidemment, sur des croyances un peu floues, comme l’influence de la Lune sur la croissance des plantes, il est difficile de mettre en place des expériences, et la réfutation est davantage le résultat d’un raisonnement.

Justement, le dernier chapitre élargit la réflexion et s’intéresse à la formation des idées.

On sait qu’une nouvelle spectaculaire, voire choquante, circule plus vite qu’une information banale et imprègne plus les esprits. On en accuse les algorithmes des réseaux sociaux qui mettent en avant les faits sensationnels, de même que la presse, toujours en recherche de buzz. On le sait moins, mais le fonctionnement des publications scientifiques encourage aussi ces mêmes travers, pour être davantage citées et connues.

On sait aussi que le cerveau humain a tendance à sélectionner les informations, à retenir davantage celles confortant une idée déjà présente, et à rejeter celles déstabilisantes qui remettent en cause nos certitudes. Ce biais cognitif explique la résistance étonnante des croyances erronées aux arguments rationnels : on cherche inconsciemment à confirmer une idée première, et aussi à donner du sens, trouver une structure à ce qui n’en a peut-être pas.

Ce livre s’adresse aux enseignants cherchant à dynamiser leur cours (on fait de la science en répondant à ces questions) et aussi à tout un chacun, qui s’agace de voir des idées fausses retransmises sans même y réfléchir et qui prendra un grand plaisir à impliquer ses enfants, neveux et nièces, voisins et voisines, … dans une activité scientifique et à leur apprendre à se questionner et à vérifier avant de diffuser…

Le Comité de Liaison Enseignants-Astronomes publie une revue trimestrielle, les Cahiers Clairaut, ainsi que des « hors série » plus conséquents sur des points particuliers. Il organise également des écoles d’été qui s’adressent aux enseignants du primaire et du secondaire, et publie un site internet avec de très nombreuses ressources pédagogiques. Son objectif dans toutes ces activités est de diffuser la connaissance scientifique en astronomie auprès des enseignants, en privilégiant systématiquement les approches expérimentales mettant en action les élèves. La connaissance ne vient pas de l’autorité du maître, mais d’une expérience physique menée par l’élève qui met en évidence le phénomène étudié.

François Bouyer

Cet article est réservé aux adhérents.
Si vous êtes adhérent, il faut vous connecter sur cette page puis recharger cette page.