Éditorial (559)
© APMEP Mars 2026
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« Chercher »… Ce mot m’évoque d’abord un souvenir de fête de la science avec mes élèves : une conférence atelier autour des entrelacs et le mathématicien qui dit aux élèves que si on trouve tout de suite, on n’est pas en train de faire des mathématiques.
Alors chercher… C’est parfois source de crainte de s’égarer, de ne pas réussir à trouver des pistes satisfaisantes, de se tromper. Mais quand cela devient une habitude de classe, c’est avant tout une source de plaisir. Cela demande de la curiosité pour s’engager dans la question, de la créativité pour inventer sa propre démarche, un peu d’aplomb pour oser faire des choix, de l’esprit critique pour contrôler son avancée, de la flexibilité pour changer de voie si cela s’avère nécessaire et de la persévérance pour aller jusqu’au bout de l’exploration. Ces compétences ne sont pas celles qui viennent spontanément à l’esprit quand on pense aux mathématiques, pourtant c’est bien cela qui fait tout le sens et le plaisir de notre discipline.
Alors comment faire ? D’abord prendre le temps de proposer aux élèves des situations robustes qui nécessitent de chercher. Ce temps, on le cherche dans nos heures de cours entre programme pléthorique et horaires contraints et c’est un véritable choix (parfois difficile) que l’on doit faire.
Pourtant, quand on s’engage dans la recherche de problème, comme par exemple RESCO , on voit combien ces moments sont du temps gagné. Les élèves s’engagent chacun et chacune à leur niveau, avec leurs possibilités, prennent des responsabilités nouvelles, partagent leurs idées, s’enrichissent des propositions des autres élèves, des autres classes, mobilisent toutes les compétences qu’on avait imaginées. D’ailleurs les élèves ne s’y trompent pas et le voient aussi bien que nous, comme le montre leur conclusion du travail de l’an dernier : « Pour conclure, on peut dire que ce travail de groupe nous a permis de développer notre cohésion et notre esprit d’équipe, nous a appris à nous organiser afin de tenir un projet sur plusieurs semaines, et à développer notre capacité de raisonnement et de remise en question. Et le fait que tout le monde ait pu profiter de cette activité pour développer ses capacités, est finalement bien plus important que le fait de trouver le résultat lui-même. »
Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?
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